"Criminal Loft" par Armelle Carbonel
Il est très rare que je mette en avant un livre sur lequel j'ai travaillé, mais devant la qualité de l'écriture de l'auteur, je m'y sens obligée !
Voici un retour de lecture reçu par Armelle et je crois qu'il n'y a rien à ajouter, tout y est ! J'ignore qui est ce lecteur, mais il a tout compris !
Sur cette couverture, je vois un soupçon de "The Grudge", une pincée "d'Exorciste", un brin "'d'Esprits Criminels" une pointe de "Vendredi 13" .... Cocktail détonant à la manière Carbonel. Nos nuits risquent d'être agitées… Et elles le furent !
« LE SHOW LE PLU BRÛLANT QUI AIT JAMAIS EXISTE »
Parmi 3263 candidats condamnés à la peine de mort, six hommes et deux femmes entrent en scène dans un jeu infernal qui a pour cadre l’ancien Sanatorium de Waverly Hill. Dès l’aube d’une lecture attendue, l’écriture fluide de l’auteure créée l’attractivité de ce thriller tel un catalyseur et entraîne le lecteur dans un tourbillon d’angoisse et de peur. La présentation et le thème de l’histoire sont originaux et déclencheurs de sensations angoissantes, les mêmes que nous avons tous ressenti lors de la projection d’un film d’horreur.
Le décor est planté, les acteurs sont connus, que la grande messe commence !
La frayeur et le morbide sont les carburants psychologiques de cette machine épouvantable, une macabre odyssée qui se met en route dès la présentation progressive des protagonistes décrite magistralement par Armelle à l’image de la bande annonce d’une effroyable aventure des années 1950.
Certains ingrédients comme une voix, un numéro de chambre, un œil implacable ou un « bing-bing » sont des appâts, des leurres à lecteurs qui à un moment ou à un autre seront fatals à notre dépendance à ce spectacle.
L’appel à la lecture est attrayant avec le charisme des personnages qui ne laissent pas indifférents. C’est de loin le meilleur ouvrage d’Armelle CARBONEL. Elle explose et s’érige comme une auteure de grande qualité.
Dans ce récit étouffant, quelques notes d’humour bienvenues diminuent notre rythme cardiaque soumis à un stress soutenu Et une main droite ! Et une oreille droite ! Et un annulaire droit……… alouette !
Ce triller psychologique dénonce le dérapage des REALITY-SHOW toujours plus spectaculaire, toujours plus morbide atteignant son paroxysme avec le thème de la mort en direct. Au cours de l’histoire, Armelle dresse régulièrement un petit résumé pour remémorer au lecteur les actions des précédents chapitres.
AVOIR LE CHOIX EST LE COMMENCEMENT DE LA LIBERT
Les spectateurs de cette macabre comédie ne seraient-ils pas les lecteurs ?
Récit machiavélique et lancinant utilisant tous les outils littéraires de l’horreur, saupoudré d’une dose de surnaturel agrémentée de possession et de fantômes.
Excellent passage d’un huit clos confrontant nos personnages à leur démon qui sera utilisé pour une étude psychologique de chaque membre.
Que de rebondissements inattendus et spectaculaires dans cette histoire angoissante qui fait l’apologie de la folie humaine !
De superbes expressions et une syntaxe travaillées dans le détail, des phrases magnifiquement construites et percutantes avec des mots dont la puissance sonne de tous leurs sens. Armelle a la faculté de me transporter du rêve à la réalité.
« Le concept en lui-même suffisait à déchainer les médias et à capter l’intérêt morbide du peuple américain, tout en assurant la part belle au but mercantile de la téléréalité »
Armelle serait-elle visionnaire ? « Peut être ce récit trouvera t-il sa place sur la liste des best-sellers ? Peut-être sera-t-il même adapté pour le cinéma ? » Du grand art, incontestablement l’ouvrage le plus abouti d’Armelle.
Qu’il est difficile de sortir indemne du Sanatorium ! L’atmosphère électrique est toujours présente en notre esprit dans lequel huit entités virevoltent une à une. Le mot fin arrive trop vite et je voudrais qu’à chaque page tournée vers le mot ultime se greffe une suite hypothétique.
Je suis encore sous le charme de cette délicieuse « Nécromancière » qui possède le don de vous envouter pour toujours dans son aura initiatique du thriller.
Pour commander le livre :
http://www.thebookedition.com/criminal-loft-de-armelle-carbonel-p-66723.html
Le site du livre :
http://www.syblio.com/criminal-loft/livre


Commentaires
le 11-10-2011 à 12:54:55
Armelle Carbonel
thriller
Un huis clos infernal au sanatorium de Waverly Hills.
Waverly Hills, cinq étages, plus de quatre cents salles, un sanatorium rongé d’un labyrinthe de galeries souterraines, où se consumaient les victimes de la « peste blanche » parquées là, en quarantaine, transformées en cobayes par les macabres expériences des « docteurs Mengele », des cadavres que l’on emportait dans le « death tunnel », le tunnel de la mort…
Waverly Hills, monstrueuse chauve-souris aux ailes déployées sur toute une colline du Kentucky, le lieu le plus hanté des États-Unis.
Le décor est planté. Un lieu de souffrances et d’horreur à vous hérisser les cheveux sur la tête. Mais pourquoi ce décor, demanderez-vous ?
Le roman d’Armelle Carbonel serait-il la chronique d’un sanatorium ou d’un hôpital, remake de la « Montagne magique » ou du « Pavillon des cancéreux », ou encore un roman gore où de malheureuses victimes hanteraient ces lieux lugubres ?
Pas du tout : dans le thriller palpitant d’Armelle Carbonel, ce lieu maudit va au contraire servir de cadre à un jeu télévisé, un de ces « reality shows » qui attirent irrésistiblement les gens avides de sensations fortes, des milliers de téléspectateurs, échauffés par une curiosité morbide.
Huit candidats vont être sélectionnés. Et pas n’importe lesquels ! De l’inédit : huit condamnés à mort, six hommes et deux femmes. La règle du jeu est simple. Le public sera seul juge. Chaque semaine, c’est lui qui éliminera celui qui devra retourner dans le couloir de la mort. Et le gagnant sortira libre de ce loft infernal.
Nos huit candidats vont donc passer trois semaines comme suspendus à jamais dans un cauchemar qui ira crescendo au fil des jours jusqu’aux limites de l’horreur et du supportable. Comme dans « Les dix petits nègres », certains mourront happés par la gueule vorace du monstre ou réexpédiés dans le couloir de la mort laissant les autres devant la question terrifiante : « Qui sera le suivant ? » Et avec l’angoisse naît le suspense. Un suspense haletant.
L’auteur joue ce faisant parfaitement avec l’ambiguïté qui pèse sur ces lieux glauques ; l’atmosphère s’y nimbe d’un fantastique impalpable et parfois troublant – tel l’écho de la balle de Mary, la fillette martyre qui revient hanter les lugubres couloirs. Le lecteur est transporté à la frontière entre deux mondes : l’un terre à terre, ponctué par « La voix » martiale qui donne des ordres aux candidats, l’autre gothique, sinistre à souhait qui s’ouvre sur les apparitions des morts. Mais s’agit-il de fantômes ou l’hallucinations ? Une question qui accompagne le lecteur au fil des pages…
Outre l’action proprement dite – l’enjeu et l’issue du « reality show » –, c’est donc aussi le mystère de ce lieu où chaque porte s’ouvre sur une nouvelle terreur, où chaque corridor mène à une horreur indicible, où la seule issue est le tunnel de la mort, qui distille une tension propre à vous envoûter littéralement, à vous river aux pages de ce livre.
Une ambiguïté qui touche également notre relation aux personnages.
Ces anti-héros, assassins, pédophiles, serial-killers… nous fascinent nous attachent aussi. On ne peut se défendre de voir en eux des êtres pétris de chair et de sang. On arrive à comprendre les souffrances et les drames qui ont fait d’eux des criminels. Ainsi, sans son évocation du meurtre qui nous fait grincer les dents et nous donne un frisson propre à rétablir la distance salutaire, le narrateur, psychiatre et serial killer altéré de sang, nous gagnerait presque à sa cause au point de nous faire oublier le monstre qu’il est vraiment. Même si leur langage est parfois un peu trop châtié pour être crédible, si le vécu qui explique leurs actes criminels n’échappe pas toujours au stéréotype, l’auteur par sa façon d’embrasser la seule perception et subjectivité du narrateur, sans jamais chercher à tisser un regard moral et démonstratif sur les événements, ne tourne pas le dos à la part trouble de l’opacité et y trouve de ce fait une justesse touchante, une véritable singularité.
Un livre choc qui se referme comme un piège, sur la violence, la peur, la chute irrémédiable. Sans rédemption possible.
Pas de rédemption pour nos anti-héros certes, mais catharsis pour le lecteur peut-être. Terreur et abjection peuvent susciter une prise de conscience salutaire du caractère malsain de ces « reality shows » et de l’attrait morbide pour le sensationnel, ô combien « humain, trop humain » – Ainsi s’inscrit en filigrane une satire violente des jeux réalité qui envahissent les écrans, conférant à ce roman une dimension cathartique.
Un thriller atypique qu’on ne lâche pas
Un roman mené de main de maître par notre Mary Higgins Clark française !