Trouvés à droite ou à gauche
"Les absents" par Brigitte Tosi
Occupée à me résoudre,
A me tasser, à me harnacher
De mes vieux habits de deuil,
J’en oublie la soudaine brisure
Des éclats joyeux du ciel.
© Brigitte Tosi 2010
"Les heures" par Marie Barrillon
Le ciel dans sa grandeur se vide
Les secondes sans pudeur défilent
Et les jours sans violence s’effacent
Au rythme lourd de nos tristes pas
Comme les heures s’en vont tout bas.
Le sablier faisant le compte de nos vies
S’écoule trop vite sans faire de bruit
Faisant de nos années, un passé
Sur l’horloge immense du temps
Aux aguilles qui tournent doucement.
Musique incessante du rappel à la vie
Le tic tac toujours résonne dans l’infini
Les heures passent, les minutes s’étiolent
Nous rappelant ainsi notre naissance d’hier
Puis demain, notre fin dans le mystère.
http://www.edilivre.com/doc/20314
Ce recueil poétique est essentiellement axé sur l'amour, d'où son titre évocateur. De l'amour filial à l'amour amical, du grand amour à l'amour destructeur, chaque poème qui le constitue est une larme, une pensée, un sourire ou un souffle vers une personne aimée. De l'amour à la haine, la frontière est mince et parfois inévitable ce qui a également donné naissance à certains de ces poèmes.
"pour les futures mamans" par Frédéric Staniland
C’est comme un sceau
Une empreinte
Une marque indélébile
Comme deux sangs mêlés
A jamais réunis.
Deux amants éperdus
Et perdus dans l’abîme
D’un amour si violent
Si subtil et sublime.
Appose ton fer
Que ma peau se déchire
Et que brûle ma chair
D’un délicat désir.
J’ai perdu de moi
Dans ton corps immobile
Que ma main en émoi
Caresse, douce et docile.
J’entends
J’entendrai.
Je sens.
Je toucherai.
Cet amour animé
Qui en toi s’écartèle.
Pour une fois
Je suis en toi
Comme un amant perdu
Eperdu dans l’abîme.
Et comme un sceau
Un tatouage
Qu’à jamais j’ai gravé
Dans ton sein chaud et sage.
J’ai sculpté tes entrailles
Des stigmates de mon âme.
Frédéric Staniland
"Avant la liberté" par Mady Kissine
Inondée d'émotion par la beauté des vers,
Je ne sais refouler le plaisir du poème
Qui fait couler les mots délicieux que j'aime.
Dans le bruit des vagues arrondies de la mer,
Quelque chose de vrai vers le divin m'entraîne.
Qui peut dire pourquoi l'image est énergie,
Comment les sentiments au verbe se confondent,
Comment la mélodie à l'image succombe,
Et pourquoi le poème est plus fort que la vie,
Quand on ne comprend rien aux caprices du monde ?
Qui peut dire pourquoi l'on aime, qui peut dire
Pourquoi ces vers mouillés de larmes sont si beaux,
Et pourquoi j'ai si peur en voyant, tout là-haut,
La tristesse du ciel qui ne veut pas finir,
Quand les alexandrins ruissellent dans les mots ?
Avant la Liberté, toujours, la poésie
Montre aux hommes la force et le vrai de leurs rêves,
Qui éloignent la guerre où la Vérité crève,
Elle est la fin des pleurs, et l'enfant qui sourit,
Elle est, dans mon secret, le bonheur qui se lève.
Sa clandestinité sauve de la censure
Les quatrains merveilleux de la libération.
Qui peut dire son prix, sinon par l'addition
Des délires humains, des rêves les plus purs ?
Qui peut vivre debout sans âme, sans passion ?
Couchée sur le vélin ou chantée dans le noir,
Jusqu'à la fin des temps, la poésie est reine,
Même si le tyran l'emprisonne et l'enchaîne.
Elle dort, entourée, au lit de nos mémoires,
Par la fragilité de la nature humaine.
©M.KISSINE
Extrait de : Vestiaires et labyrinthes ISBN 9782953445671
"Les hommes d'influence" par Fethi Zaaf
Puisqu’il faut toujours qu’on pardonne
Les mauvais coups et tendre la main
Devenir meilleur que tous ce qui cognent
Pour gagner le droit à des lendemains.
Puisqu’il nous faut suivre la marge des pages
Ecrire tout ces mots qui ne savent que se taire
Au milieu des ratures se mélangent les taches
D’une encre violente couchée sur le dos
Impertinente de sommeil.
Puisqu’il nous faut encore baisser la tête
En oubliant presque l’honneur hérité
Vous, les hommes d’influence au pouvoir
Si secret qui joue la sagesse
Du savoir, vouloir tout régenter
Dans ces discours que vous nous insufflez
Vos mensonges veulent nous apprivoiser
L’évidence et que perdu ou gagné
Vous trouvez toujours à nous emmurer.
Puisqu’il faut encore que vos théories
Pour votre meilleur deviennent nos grillages
Même si nous ne voulons pas suivre
Nous ne pouvons pas mieux vous échapper.
Puisqu’il nous faut vous écouter
Vous les puissants sans pitié
Vos lois ne nous donnent pas le choix
Que de rêver vos belles promesses
Pour ensoleiller notre pauvreté.
Puisqu’il nous faut tendre la joue
Et marcher les pieds dans la boue
Je vous laisse ma place volontiers
Et votre esprit de médiocrité
Pour les comme moi sans bagage
Sans étude, ni savoir
Je vous laisse à votre instruction
Moi, je garde mon intelligence.
A bon entendant
Salut….
"Mur Murs Silencieux" par Tyco Moon
Telle une bouteille à la mer je divague.
Mes larmes s'ajoutent à celles de l'océan,
Je bas des bras et je cherche bouée où me hisser.
Il faisait beau, ce matin, lorsque j'ai ouvert les volets
Mais c'est en mon intérieur dévasté que la grisaille tombe.
Je me retourne sur moi même et cherche vainement un regard vers qui me noyer.
Mes souvenirs tourbillonnent dans ma tête... non, mon coeur n'est plus à la fête.
Et je me heurte au vide.
Sans pouvoir m'accrocher.
J'ai le vertige du tourbillon de ma vie.
Tout va trop vite, et je"me perd pied".
Je me sens fatiguée, complètement usée
J'ai trop perdu de gens qui m'étaient chers,
Pour accepter de nouveaux départs de ma vie.
Et je cherche en vain l'épaule sur laquelle me poser.
Ma tête est lourde, tendue comme si elle allait imploser.
D'un coup le rideau tombe et je ne vous entend plus...
Et je m'emmure et me terre au plus profond de moi.
Que le silence est pesant, terriblement oppressant.
"Si tu pouvais m'aimer." par le poète "James"
Mes yeux de cristal sont de toi
Serais-je l’encre en toi ?
Coule l’amour de mon sang,
J’ai bu tous les vers du temps
Si l’amour était notre secret
Le plus intime, discret
Parfum d’un amoureux providentiel.
Je vagabonde dans ton ciel.
Embrasse-moi sur mes lèvres bleues
Parcours-moi à mille lieues,
Transforme l’or de mon corps,
Prends-moi encore à bras-le-corps
Si un jour on pouvait nous rêver
Comme toute l’éternité,
Le mystère serait notre commencement
caressons l’horloge du temps.
Prends mon encre — nous réveiller !
Comme des amants liés.
Écris nos baisers volés.
Enseigne-moi tes avoués.
Essaye-moi avant de me rêver
L’illusion devient réalité
Dans nos veines en liberté,
Le jaillissement de nous, regards enchantés.
Suprême convulsion
tatoue ma passion
Dans mon cristal baigné de neige
brodée de mes tendres arpèges
Si tu pouvais me donner la joie
Je me changerai en fleur de toi !
Comme un garçon sensible au miel de tes saisons
Une pluie d’été en sueur d’émoi.
Se retrouver la nuit
Pour voyager dans ta pensée
pour effleurer ta peau rosée,
Laisse-moi bercer l’infini.
T’apparaitrais sous mes étoiles semées
De tes je t’aime en bouquet de rosée,
Si tu pouvais m’aimer, et s’évader
Dans le cocon ouaté de sens rimés.
"En toute conscience" de Thomas Voiment
La mère dans une inhabituelle inimitié
...A décidé de commencer par la fin,
L'enfance éternelle que l'on m'a volée
Lui était pourtant destinée,
Mais l'homme comme un robot aux sentiments de pantin
N'a fait que gaspiller l'amour des siens.
Liberté, égalité sont en écho bien loin
De la musique qui nourrissait son sein,
L'amour est devenu esclave de la vie,
Plus de sérénité, voyez par vous même...
À quel bonheur croire ?
Je repense à l'harmonie de l'être cher,
Celui qui sortait des entrailles de la terre.
La vie en aura bientôt fini de vivre,
La lumière comme une aura fuit
Et se partage comme aux temps
Sombres de l'Histoire, l'infini se dessine
Et ceux qui étaient perplexes aux lieux
De la création comprendront dès demain
L'échec, le goût amer et la fausse tolérance.
Pourquoi ne pas tenter de se racheter,
Dans une pseudo symbiose, singer le respect.
L'aurore qui vient ne vous laissera pas le choix
D'une seconde existence, même tribale,
Ensemble vous avez tant de fois
Briser les anneaux, brûler vos vies.
Je m'émerveille de pouvoir épier vos rêves en secret
Mais sachez qu'ils sont désormais superfétatoires,
Des voyages sans destination, Vénus le sait...
Des pauvres intuitions où l'harmonie
Des pâles couleurs s'évaporent au buvard.
Sortis du réel vous construisez des amitiés virtuelles,
Vous ne voyez pas vos enfants en danger,
Un Dieu sorti de nulle part vous montre pourtant les limites
Mais chaque jour qui passe vous éloigne de sa présence.
Vous saurez bientôt pourquoi la mère du départ
Aura prononcé le jugement de l'absence.
"HAÏTI, UNE LARME DE VIE" de Pablo Poblète
HAÏTI, UNE LARME DE VIE
Paris 20 Janvier 2010 (d’après les images du séisme en Haïti)
Pleure peuple Haïtien
pleure
ne cesse pas de pleurer
avec ton corps férocement réel
ne cesse pas de pleurer
avec ta danse et ton chant rituel
ne cesse pas de pleurer
avec ton originelle joie calcinée
Pleure entre la tragique poussière
pleure
entre tes décombres d'horreur
entre tes solitudes qui se consomment
dans l'impensable!
Pleure et hurle ta colère
vers le ciel creux
pleure et hurle ta colère
vers tes champs dévastés
Pleure et hurle ta colère
vers tes maisons et murs effondrés
pleure et hurle ta colère
vers le chaos rapace
vers la stridence et le vide muets
Pleure peuple Haïtien
pleure et hurle ta colère
vers ta foi écrasée
-mais pas tué !-
Ta foi !
Est une petite fille
elle respire doucement
Ta foi !
Elle palpite entre le béton et la ferraille
elle invoque la mère nature
elle renaît du fond de l’apocalypse
Ta foi !
Elle vient vers nos bras
avec une fragile-beauté rescapée
avec un innocent sourire endormi
qui glisse et sort de la mort
au milieu de la mort
vers la vie
avec la vie
parce qu'elle est
Ta future et nouvelle vie !
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Pablo Poblète Paris 29 janvier 2010
"L'arc-en-ciel" de Fabienne Lambert
Le soir a précipité la pluie arc-en-ciel
Où le jour s'adonnait d'un clair feuillant
Quelque pluie lunatique haranguait
De fines traversières blanches.
Les orties évasées montaient en graine
Tout près du pissenlit libre rebelle
Le chemin avait ses états d'âme
Eclairé d'une belle lumière.
Qu'il fut midi ou minuit, le temps
S'arrangeait pour nous déconfire
En vrais éclats sur les tempes
Peu m'en froid, je vis encore.
Au blême inconséquent facile ou
A l'orée de pensives raisons rimant
Toute saison calendrière nous revit
Au présent de nos sobres lunaires.
Ainsi va la lie, en amont en aval
Dresser ses remparts tels des harpons
De feu, de boisés instants, d'imaginaire
Rêve calfeutré sur la dune.
